SaintéLyon 2019, 76km

Comment suis-je passée de 1ère Espoir au 35e km à dernière finisher de cette course ? Voici le récit d’une nuit indescriptible.

Beaucoup de photos & vidéos, car les mots ne suffiront jamais pour décrire cette course dantesque. (Les photos officielles arriveront plus tard).

SaintéLyon : nom féminin qui désigne un monument de l’histoire de la course à pied en France. Le mythique raid nocturne entre Saint-Étienne et Lyon, doyenne des courses d’ultra, est la plus grande course nature de l’hexagone en termes de participants.

11 septembre 2019

Entraînement du mardi soir avec Courir à Lyon, premier depuis longtemps. Alors que l’on récupère au bar, j’entends parler de la SaintéLyon. Je me renseigne : 76km, avec un départ à 23h30…mmmh, c’est faisable. Ni une, ni deux, je suis inscrite !

S’enchaînent alors 5 semaines de préparation : 4 entraînements par semaines (dans des escaliers, sur piste, pavés, sous la pluie…) + 2 courses (un trail de 13km et un semi-marathon en mode urbain trail).

5 semaines qui auront étés durs à gérer en plus des cours et de mes concours, mais on a tenu bon (passage du TOEFL réussi et admise dans mon futur master !)

23 novembre

J-7 : Les préparatifs sont faits, il n’y a plus qu’à mettre au point mon programme nutrition.

29 novembre

J-1 : Je ne stresse pas, par contre je suis trèèèès excitée ! J’en ai même du mal à dormir. Je récupère mon dossard à la Halle Tony Garnier et j’en profite pour faire la fameuse photo sous l’arche d’arrivée (au moins j’en aurais une même si j’abandonne !)

30 novembre

Jour J

Réveil à 6h (j’aurais bien fait une grasse mat’ mais apparemment ce n’était pas l’avis de mon cerveau), quelques courses puis un peu de travail.

11h : mes affaires sont plus ou moins prêtes, je suis parée pour tous les temps ! Gants, bonnet, collant & short (je suis encore en pleine hésitation sur ce que je vais porter)…

Pour la nourriture, ça sera avec Baouw et MelTonic. Je prévois une barre par heure avec 3 gels au miel au pamplemousse ou citron pour se requinquer. Et enfin, quelques dragibus pour quand je serais au fond du trou !

15h : mon sac est prêt avec des sandwiches, du thé, un livre, de la musique et de quoi me tenir chaud. Nous arriverons à Saint-Étienne à 18h et devrons attendre jusqu’à 23h30 dans un gymnase partiellement chauffé.

16h30 : départ en navette de la Halle. 10 bus stationnent en permanence, attendant d’être pleins pour partir…et ça va vite !

À l’arrivée, 2 gymnases nous attendent : dans l’un il y a de la nourriture, dans l’autre rien ! On ne le savait pas au début, puis on a changé après avoir dormi une petite heure…et voir que beaucoup de gens étaient arrivés !

On retrouve des copains, le stress commence à monter. On apprend que si l’on veut être dans la 1ère vague de départ, il faut être sur la ligne dès 22h.

21h : on commence à se préparer, j’opte finalement pour le short…mais POURQUOI ? Parce que mon collant, s’il pleut, va garder l’eau, et j’aurais encore plus froid… Triples couches obligatoires (sous-couche, qui va garder la chaleur ; 2nd couche, une polaire ; puis coupe-vent, un k-way imperméable dans mon cas).

Mon gilet (sac à dos pour la course à pied) est rempli de barres et d’eau, de quoi tenir un siège. S’ajoutent une paire de gants, 2 frontales, 1 tour de cou et un bandeau pour éviter que je perde mes oreilles. En attendant le départ, on se repose comme on peut…

J’avais prévu de trouver quelqu’un qui sache faire les tresses dans le gymnase, mais c’est un échec donc il va falloir que je me contente d’une queue de cheval pour mes cheveux.

Mon plan de ravitaillement est prêt aussi, sauf qu’ils annoncent de la pluie. Une seule solution, ne pas prendre de papier et faire comme ceci :

22h : les pansements double peau sont mis sur les pieds (mieux vaut prévenir que guérir), les gourdes remplies, les photos faites, les toilettes c’est fait aussi… nous sommes prêts !

William, dossard 146, fera toute la course avec moi.

Alors que l’on s’enfonce dans la foule déjà présente, William me retient et me montre une fille avec des tresses, me voilà donc à me faire coiffer sous l’arche de départ !

On croise Matthieu (c’est sa 4e SaintéLyon) et Patrice au départ.

23h30 : c’est le départ… beaucoup d’excitation, du mal à se dire qu’on va courir toute la nuit.

Malgré que l’on soit partis dans la première vague (8 vagues de 1500 personnes toutes les 15 min ≈), il y a déjà beaucoup de monde. Les 10 premiers kilomètres passent plutôt vite puisque l’on traverse la zone industrielle de Saint-Étienne.

00h30 : On commence progressivement à s’enfoncer dans les chemins, toutes les 15 min on se fait doubler par les plus rapides qui viennent de prendre le départ. Voici un petit aperçu de la vue que l’on a lorsque l’on se retourne, c’est magnifique

Nous avons pris le départ il y a 1 heure, et toujours pas de pluie…3 min plus tard, je regrette mes mots. Il pleut, mais pas une petite averse, de la grosse pluie bien épaisse, les chemins deviennent boueux, même avec mes chaussures de trail je glisse et manque plusieurs fois de finir sur les fesses.

1h45 : premier ravito à l’abri, nous avons fait 20km. Objectif : ne pas s’arrêter longtemps, juste boire un verre et repartir.

Entrée du premier ravito

Le temps passe, il fait nuit, il pleut, on commence tous à être trempés. On croise des habitants qui nous encouragent (merci à eux !).

3h00 : la fatigue est bien installée, je vais moins vite dans les descentes, avec le froid, je suis complètement ralentie. J’ai ma douleur au genou gauche qui se réveille (les TFL tu connais). Mais en faisant attention, je peux aller mieux donc j’essaie de m’appliquer. Peine perdue, il fait noir, on court dans des rivières, mais pour l’instant ça va encore.

3h45 : on commence à chercher le prochain ravito, Sainte-Catherine. Je commence à avoir les pieds mouillés, mais c’est supportable.

4h15 : arrivée à Sainte-Catherine…

À ce moment-là, je n’ai qu’une envie : abandonner. Prendre une navette, rentrer au chaud. On a fait 30 bornes, on est gelés, on voit rien…et puis j’ai la bonne idée d’ouvrir l’application de suivi live et découvre que je suis 1ère en catégorie Espoir. D’un coup, plus envie d’abandonner, je dois me battre, j’ai une petite étincelle d’espoir qui revient donc je décide de repartir !

6h15 : on a fait 40km. Je ne sais plus pourquoi je n’ai pas abandonné. Nous sommes au ravito de Saint Genou – Le camp. C’est à l’extérieur, obligés de boire du thé trop sucré sous la pluie. Il fait de plus en plus froid, je tremble tellement que quelqu’un me propose de me tenir mon verre pour pas que j’en mette partout.

Je ne peux plus courir, on marche. William est toujours avec moi, je suis en train de lui pourrir sa course, mais il s’entête. Je commence à me plaindre de la nuit, je veux voir le soleil ou en tout cas, voir le jour se lever.

8h26 : le jour c’est enfin levé, on a fait 55km. Il pleut toujours. Il y a du brouillard aussi. Mais le fait qu’il ne fasse plus nuit fait un bien fou. Je pleure pour la énième fois. William m’a emballée dans une couverture de survie. J’ai les doigts gelés et de la boue jusqu’aux genoux…

9h45 : Ça fait 5 fois qu’on nous dit que nous sommes à 2km du ravito, je n’en peux plus. On a traversé le village de Soucieu-en-Jarrest de long en large et en travers et toujours rien. Ja n’arrive pas à manger, j’ai mal au ventre et j’ai les doigts trop gelés pour sortir une barre de mon sac. J’ai pas faim non plus et je n’arrive pas à me forcer.

On marche toujours, je lève les yeux et là je vois 2 personnes qui marchent à contre sens sur le trottoir. C’est bizarre, mais j’ai l’impression de connaître ce manteau… Je finis par reconnaître ma maman et ma sœur ! Voyant que je ne bougeais plus sur l’application, elles ont décidé de me rejoindre pour voir si tout allait bien. J’apprends que ma puce n’a pas fonctionné sur l’un des checks point.

Notre arrivée au ravitaillement de Soucieu-en-Jarrest

10h07 : j’essaie de me réchauffer tant bien que mal dans ce gymnase que nous avons tant attendu. De la soupe, un manteau sur mes épaules, une poche de glace sur mon genou, j’ai envie d’abandonner. Ma maman est là, elle peut me ramener. Je n’ai jamais eu si froid, j’ai la mâchoire gelée, et ne parlons même pas de ma nuque.

Nous ne sommes pas les derniers, mais il n’y a déjà plus rien à manger…tant pis.

On a fait 53km : si j’arrête maintenant il faudra que je refasse cette course pour la finir, si j’arrête je n’aurais pas cette médaille finisher, si j’arrête je serais triste. Abandonner demander bien plus de courage que continuer, car cela nécessite la force de se dire que nous ne sommes pas prêts, que c’est un échec.

Après 30 min de repos salvateur, je prends la décision de continuer : il n’y a que 10km jusqu’au prochain ravito, c’est rien.

On est dans les derniers, il n’y a plus grand monde sur les chemins. Il y a toujours du brouillard. Avoir revu ma famille a fait du bien, je suis (un peu) requinquée.

J’avais l’objectif de finir cette SaintéLyon en 10h30. Il est maintenant 12h et j’ai mal au genou, je suis passée dernière de ma catégorie et tout ce qui importe désormais c’est finir cette fichue course. Je m’accroche tant bien que mal, je ne peux plus plier ma jambe gauche, il reste juste 15km.

13h30 : arrivée au dernier ravitaillement à Chaponost. On a prévu de ne pas s’arrêter longtemps si on veut arriver avant la fermeture de la barrière horaire (à 16h30). Finalement, il y a plein de choses à manger, pâtes de fruits, gâteaux, on finit par se poser 10 min.

Plus question d’abandon maintenant, il reste 10 km (mais c’était sans savoir que ça allait être les pires), je vais bientôt reconnaître Lyon.

Pendant 2h, William me tire, me rappelle la barrière horaire. Je me plains, j’ai mal, j’en peux plus. Puis d’un coup, au détour d’un virage, il me montre Lyon, qui se dessine au loin. Là, ç’en est trop, j’éclate en sanglots. 16 heures que j’attends cette ville, 16 heures que je désespère presque, et enfin on y est !

On y est presque !

16h : On arrive à la Mulatière, il reste 30 min avant la barrière horaire. Ma maman arrive avec ma sœur. Dans les escaliers pour rejoindre les quais, elles me portent, je ne peux plus utiliser ma jambe gauche. William me rappelle l’heure toutes les 30 secondes. J’ai envie de lui crier dessus, de lui dire de se taire, que ça n’importe plus à ce stade-là.

Je puise dans mes dernières forces pour marcher, ça fait 20 km que je me bats pour finir, ça serait bête d’être éliminé à 2 minutes près. On passe près du Musée des Confluences, je pleure, je l’ai imaginé tellement longtemps.

16h20 : on n’est toujours pas arrivés, mais on a passé le pont. Je marche aussi vite que je le peux, courir est impossible. Je n’ai plus aucune douleur, à ce stade de fatigue, le cerveau fait le tri assez rapidement.

Il reste 5 virages. On voit la Halle Tony Garnier, j’ai du mal à y croire. Il finalement on y arrive.

Il est 16h25 et 45 secondes lorsque nous passons enfin sous l’arche d’arrivée. C’est après 16h54 de course que nous bouclons ces 76 km.

Voilà…tout est dit, enfin presque, encore quelques mots et j’aurais fini.

Conclusion

Il ne suffit pas d’être prêt physiquement pour faire la SaintéLyon. Il faut avoir du mental : d’abord parce que les conditions peuvent être dantesques et puis parce que c’est long.

  • Sur 76 km, il y avait ≈ 7000 inscrits
  • 1500 ≈ ne prendront jamais le départ (à cause des conditions météo, blessure…)
  • 1200 ≈ abandonneront pendant la course
  • 4464 coureurs passeront la ligne d’arrivée dans les temps

Et je suis fière de vous dire que William et moi sommes officiellement les derniers de cette 66ème édition de la SaintéLyon. Classés 4464 au général, on franchit la ligne d’arrivée 4 min avant l’heure limite qui aurait pu nous mettre hors course.

Une course que j’ai détestée. Une course qui m’a poussée au bout, une course qui m’a demandée plus de force que je pensais en avoir. Une course que j’ai adorée finalement, très contradictoire. Raison de plus pour vous dire, encore une fois, que je suis fière d’être finisher.

Les bons points : l’organisation, le fléchage des parcours, les bénévoles, le public.

Les mauvais points : des ravitaillements vides alors que nous ne sommes pas les derniers (Soucieu-en-Jarrest notamment) ; ne plus pouvoir manger dans la Halle Tony Garnier alors que nous sommes arrivés dans les temps (on nous a demandé de manger dehors alors que nous avions passé 17h dans le froid), merci au cuisinier qui s’est battu pour que nous puissions manger une soupe chaude sur une table ; avoir un t-shirt finisher trop grand (demander les tailles des coureurs lors de l’inscription pourrait être une bonne idée).

Mille Mercis

Merci aux bénévoles, merci à l’organisation.

Merci à tous les coureurs qui se sont arrêtés pour me demander si j’avais besoin d’aide quand j’étais en pleurs dans les descentes.

Merci à tous pour les centaines de messages que vous m’avez envoyés. C’est une course que j’ai partagée en temps réel sur instagram, j’espère que vous aurez apprécié.

Merci maman, merci Perrine d’être venues me chercher.

William : merci. Sans toi je n’aurais jamais fini cette course. Je t’en ai fait baver pendant 17h. Merci de m’avoir rappelé cette barrière horaire alors que j’étais « au boue du boue ». Merci de ne pas m’avoir abandonnée dans un fossé. Merci beaucoup.

J+1

Des jambes en morceaux. Il va falloir attendre quelques jours pour faire le tri entre les douleurs musculaires et celles qui persistent…

J+2

Les jambes vont beaucoup mieux même si faire des squats reste difficile !

Une dernière pour finir…



How did I go from 1st Junior at the 35km to the last finisher of this race? Here is the story of an incredible night.

Many photos & videos, because words will never be enough to describe this dantesque race. (The official photos will arrive later).

SaintéLyon: feminine name which designates a monument of the history of running in France. The mythical night raid between Saint-Etienne and Lyon, the oldest of ultra races, is the biggest nature race in France in terms of participants.

September 11, 2019

Tuesday night training with « Running in Lyon », first for a long time. While we recover at the bar, I hear about the SaintéLyon. I inquire: 76km, with a departure at 23:30 … mmmh, it is quite good. Neither one nor two, I am registered!

Then follow 5 weeks of preparation: 4 training sessions per week (in stairs, on track, cobblestones, in the rain …) + 2 races (a trail of 13km and a half-marathon in urban trail mode).

5 weeks that will have been tough to manage in addition to classes and my competitions but we did good (successful TOEFL and admitted in my future master!)

November 23

D-7: Preparations are made, there is more to develop my nutrition program.

November 29

D-1: I do not stress, on the other hand I am very excited! I even have trouble sleeping. I get my bib at the Halle Tony Garnier and I take the opportunity to make the famous picture under the arch of arrival (at least I would have one even if I give up!)

November 30

D-Day

Wake up at 6am (I would have made a fat dull ‘but apparently it was not the opinion of my brain), some races and a little work.

11 am: my things are more or less ready, I’m ready for any type of weather! Gloves, hat, tights & shorts (I’m still hesitating about what I’m going to wear)…

For food, it will be with Baouw and MelTonic. I plan one bar per hour with 3 gels of honey with grapefruit or lemon to recover. And finally, some dragibus for when I will be at the bottom of the hole!

3 pm: my bag is ready with sandwiches, tea, a book, music and things to keep me warm. We will arrive in Saint-Étienne at 6pm and will have to wait until 11:30 pm in a partially heated gymnasium.

4:30 pm: departure by shuttle from the Halle. 10 buses are parked permanently, waiting to be full to leave … and it’s going fast!

On arrival, 2 gyms await us: in one there is food, in the other nothing! We did not know it at first, then we changed after sleeping for an hour … and see that a lot of people had arrived!

We find friends, stress begins to rise. We learn that if we want to be in the first wave of departure, we must be on the start line at 10 pm.

9 pm: we start to prepare, I finally opt for shorts … but WHY? Because my tights, if it’s raining, will keep the water, and I would be even colder … Triple mandatory layers (undercoat, which will keep the heat; 2nd layer, a fleece; then windbreaker, a k-way waterproof in my case).

My vest (backpack for running) is filled with bars and water, enough to hold a seat. Add a pair of gloves, 2 lights, 1 choker and a headband to prevent my ears from dying. While waiting for the departure, one rests as one can. I had planned to find someone who knows how to do the braids in the gym but it’s a failure so I’ll have to settle for a ponytail for my hair. My plan of supply is ready too, except that they announce rain. One solution, do not take paper and do as with the phone.

10 pm: the double skin bandages are put on the feet (prevention is better than cure), the bottles filled, the photos made, toilet is also done … we are ready!

William, bib 146, will race with me.

While one sinks into the crowd already present, William stops me and shows me a girl with braids, here I am to get my hair under the arch of departure! We meet Matthieu (his 4th SaintéLyon) and Patrice at the start.

11:30 pm: it’s the beginning… a lot of excitement, hard to say that we will run all night.

Although we started in the first wave (8 waves of 1500 people every 15 minutes), there are already many people. The first 10 kilometers pass rather quickly as we cross the industrial area of ​​Saint-Étienne.

00:30 am: We begin gradually to sink in the paths, every 15 minutes we are doubled by the fastest who have just taken the start. Here is a small glimpse of the view we have when we turn around, it’s beautiful (pics are in the French part).

We took the departure 1 hour ago, and still no rain… 3 min later, I regret my words. It rains, but not a small shower, a heavy rain very thick, the roads become muddy, even with my trail shoes I slip and missing several times to finish on my ass.

1:45 am: first break in the shelter, we made 20km. Goal: do not stop for a long time, just have a drink and go back.
Time goes by, it’s dark, it’s raining, we’re all getting soaked. We meet people who encourage us (thank you guys!).

3:00 am: tired, I go slower downhill, with the cold, I’m completely slowed down. I have my left knee pain waking up (the TFL you know). But being careful I can get better so I try to apply myself. Lost, it’s dark, we run in rivers, but for now it’s still going.

3:45 am: we start looking for the next break, St. Catherine. I’m starting to have wet feet but it’s bearable.

4:15 am: arrival at Sainte-Catherine.
At that moment, I have only one desire: to give up. Take a shuttle, get warm. We made 30 km, we are frozen, we see nothing… and then I have the good idea to open the live tracking app and discover that I am 1st in my category. Suddenly, no longer want to give up, I have to fight, I have a small spark of hope that comes back so I decided to leave!

6:15 am: we did 40km. I do not know why I did not give up. We are at the break of Saint Genou – The camp. It’s outside, forced to drink tea too sweet in the rain. It gets colder, I tremble so much that someone offers me to hold my glass so I do not put some everywhere.

I can not run anymore, we walk. William is always with me, I’m rotting him but he’s stubborn. I begin to complain about the night, I want to see the sun or anyway, see the day get up.

8:26 am: the day is finally up, we did 55km. It’s still raining. There is fog too. But the fact that it is no longer night does a good job. I’m crying for the umpteenth time. William packed me in a survival blanket. My fingers are frozen and I have mud up to my knees…

9:45 am: It’s been 5 times that we are told that we are 2km from the next stop, I can not anymore. We crossed the village of Soucieu-en-Jarrest up and down and still nothing.

We’re still walking, I look up and there, I see 2 people walking against the sidewalk. It’s weird but I feel like I know this coat. I finally recognize my mom and my sister! Seeing that I no longer move on the tracking app, they decided to join me to see if everything was fine. I learn that my chip did not work on one of the checks point.

10:07 am: I try to warm up somehow in this gym that we have waited so long. Soup, a coat on my shoulders, a pocket of ice on my knee, I want to give up. My mom is here, she can bring me back. I’ve never been so cold, my jaw is frozen, and I’m not even talking about my neck.
We are not the last but there is already nothing to eat, too bad.

We have made 53km: if I stop now it will be necessary that I redo this race to finish it, if I stop I would not have this medal finisher, if I stop I would be sad. Abandoning requires much more courage than continuing, because it requires the strength to tell ourselves that we are not ready, that it is a failure.

After 30 minutes of rest, I take the decision to continue: there is only 10km until the next stop, it’s nothing.
We are in the last, there are not many people on the roads. There is still fog. Having seen my family has done good, I am (a little bit) better.

I had the goal to finish this SaintéLyon in 10:30. It is now lunch time and my knee hurts, I passed last in my age group and all that matters now is to finish this damn race. I cling somehow, I can not bend my left leg, it’s just 15km.

13:30 pm: arrival at the last break at Chaponost. We plan not to stop too long if we want to arrive before the closing of the time barrier (at 16:30 pm). Finally, there are plenty of things to eat, pasta, cakes, we end up for a break of 10 min.

No question of stopping now, it remains 10 km (but it was not knowing that it was going to be the worst), I will soon recognize Lyon. For 2 hours, William pulls me, reminds me of the time barrier. I complain, I hurt, I can not take it anymore. Then suddenly, at the turn of a turn, he shows me Lyon, which is taking shape in the distance. There, it is too much, I burst into tears. 16 hours that I wait for this city, 16 hours that I almost despair, and finally we are there!

16 pm: We arrive at La Mulatière, it remains 30 minutes before the time barrier. My mom arrives with my sister. On the stairs to the platforms, they carry me, I can not use my left leg anymore. William reminds me the time every 30 seconds. I want to shout at him, to tell him to shut up, that it does not matter anymore at this stage.

I draw in my last strength to walk, it’s been 20 km that I fight to finish, it would be silly to be eliminated to 2 minutes. We pass near the Museum of Confluences, I cry, I imagined it so long.

4:20 pm: we still have not arrived, but we crossed the bridge. I walk as fast as I can, running is impossible. I no longer have any pain, at this stage of fatigue, the brain is sorting quickly enough.

There are 5 turns left. We see the Hall Tony Garnier, I can not believe it. We finally gets there.

It is 16:25 and 45 seconds when we finally step under the arch of arrival. It is after 16:54 hours of race that we complete this 76 km.

That’s it … all is said, well almost, a few more words and I’ll be done.

Conclusion

It is not enough to be physically ready to do the SaintéLyon. You have to have mental: first because the conditions can be dantesque and then because it is long.

  • On 76 km, there were ≈ 7000 registered
  • 1500 ≈ will never take the start (because of weather conditions, injury …)
  • 1200 ≈ will give up during the race
  • 4464 runners will cross the finish line on time

And I’m proud to tell you that William and I are officially the last of this 66th edition of the SaintéLyon. Ranked 4464 overall, we crossed the finish line 4 minutes before the time limit that could have put us out of the race.

A race that I hated. A race that pushed me to the end, a race that asked me more strength than I thought I had. A race that I loved finally, very contradictory. All the reasons to tell you, once again, that I am proud to be a finisher.

The good points: the organization, the direction of the courses, the volunteers, the public.

Bad points: empty supplies when you are last (Soucieu-en-Jarrest in particular); no longer able to eat in Hall Tony Garnier while we arrived in time (we were asked to eat outside while we had spent 17 hours in the cold), many thanks to the cook who ague so that we can eat a hot soup on a table; to have a finisher t-shirt too big (asking the sizes of runners when registering could be a good idea).

Many thanks

Thanks to the volunteers, thanks to the organization.

Thanks to all the runners who stopped to ask me if I needed help when I was crying on the downhill.

Thank you all for the hundreds of messages you sent me. This is a race that I shared in real time on instagram, I hope you enjoyed.

Thank you mom, thank you Perrine for coming to pick me up.

William: thank you. Without you I would never have finished this race. I made you drool for 17 hours. Thank you for reminding me of this time barrier when I was dying. Thank you for not giving me up in a ditch. Thank you so much.

J + 1

Legs in pieces. It will take a few days to sort out muscle pain and those that persist.

J + 2

The legs are much better even if doing squats remains difficult!

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